| Origine | Amérique du Nord |
| Distribution | Amérique du Nord et Royaume-Uni |
| Statut | Critique (Canada), critique depuis 2003 (É.-U.) |
| Noms locaux | Dindon bronzé à large poitrine, Bronzé Ridley (souche canadienne) |

HISTORIQUE
Le dindon est la seule volaille originaire de l’Amérique. Lorsque les conquistadors espagnols sont arrivés au Mexique en 1519, ils ont découvert que les dindons étaient déjà domestiqués (Crawford, 1990). Des renseignements archéologiques indiquent que le dindon a été domestiqué vers l’an 200 avant J.-C. dans la région de Tehuacan au Mexique. Les Espagnols, de retour dans leur pays, les ont introduits en Europe. Leur nom de classification et leur nom latin est Meleagris gallopavo mais ils n’ont toutefois pas fait leur apparition dans la littérature avant le 18e siècle. Le nom est une combinaison des noms de la pintade (meleagris), du poulet (gallus) et du « peafowl ?? » (pavo) (Hawes, 1999).
Vers 1625, les pèlerins ont amené le dindon de l’Angleterre à la partie est de l’Amérique du Nord. Ils ont effectué des accouplements avec le dindon sauvage natif de cette région pour produire l’oiseau de couleur bronzée qui est devenu la base du dindon moderne (Crawford, 1990).
Le dindon sauvage a alors été réparti dans l’ensemble du continent nord-américain et la sous-espèce orientale a reçu le nom de M.g. silvestris, ce qui signifie oiseau de forêt et de clairière. Ce nom s’applique encore aux dindons sauvages qui ont récemment été réintroduits avec succès dans l’est du Canada.
Le développement du dindon bronzé à large poitrine a été attribué à un Anglais, Jesse Throssel (Davey, 1974) qui pendant plusieurs années a sélectionné des dindons pour leur éclosabilité et leur production de viande. Son couvoir en C.-B. a connu beaucoup de succès et il a éventuellement envoyé quelques-uns de ses oiseaux en Oregon et en Californie où ils ont été accueillis avec beaucoup d’enthousiasme. C’est ainsi qu’a vraiment débuté l’industrie moderne de l’élevage du dindon.
Malheureusement, le dindon bronzé à large poitrine mâle est devenu si lourd qu’il ne pouvait plus se reproduire naturellement. La même situation s’est produite dans le cas du dindon blanc lourd. Pour résoudre ce problème, l’industrie moderne d l’élevage du dindon a dû recourir à l’insémination artificielle. Cette technique exige qu’une équipe de personnes qualifiées récolte la semence des mâles et l’utilise pour inséminer les femelles le plus rapidement possible après que la semence ait été récoltée.
La semence du dindon ne répond pas aux pratiques actuelles de congélation dans l’azote liquide. Elle peut être congelée mais des problèmes se produisent lorsque la semence congelée est décongelée avant l’insémination. Le taux de mortalité est élevé et la motilité de la semence est très faible.
L’organisme Rare Breeds Canada, sur l’avis du Dr R.D. Crawford, a décidé de concentrer ses efforts sur le dindon bronzé Ridley qui, même s’il n’est pas extrêmement lourd, possède une bonne masse corporelle et peut se reproduire naturellement.
Aucune information sur l’histoire et l’origine de cette souche particulière de dindon bronzé ne fait autorité. George Ridley de Leslie, Saskatchewan, exploitait un couvoir d’approvisionnement de volaille pour le couvoir Anstey de Saskatoon. Les oiseaux provenaient des États-Unis. Le couvoir Anstey était un important grossiste de dindonneaux bronzés à l’intention des couvoirs saisonniers dans l’ensemble du Canada. Ridley a abandonné le marché d’approvisionnement de volaille et Anstey, ne trouvant pas à le remplacer, a cessé d’offrir les dindonneaux bronzés par l’entremise de son couvoir. Entre temps, la population Ridley a été maintenue à l’université de la Saskatchewan depuis les années 80.
Avenir de la race
Un effort concerté de conservation est requis pour sauver de l’extinction cette souche utile de dindons. Parmi ses attributs, sa capacité de se reproduire naturellement pourrait avoir de la valeur pour l’avenir de l’industrie de l’élevage du dindon.
CARACTÉRISTIQUES
Apparence
La couleur bronzée des dindons peut être décrite comme suit : le bronze métallique de la femelle est légèrement plus prononcé sur la poitrine. Les pennes sur les ailes sont noires avec des rayures blanches. La queue est de couleur bronzée avec une large bande noire et un contour blanc. Les caroncules (excroissance charnue à la partie supérieure du cou et sur le dessus de la tête) doivent être rouge clair mais peuvent aussi présenter une teinte bleutée chez le mâle qui affiche sa masculinité.
Grosseur
Les dindons Ridley pèsent environ 9 kg et les dindes environ 7 kg.
Conformation
Malheureusement, la population Ridley présente une conformation très variable, particulièrement en ce qui concerne la poitrine et le bréchet. Une production industrielle a déjà été envisagée mais a été rejetée à cause de la variabilité de la conformation.
Caractères de reproduction
La production varie de 50 à 85 oeufs par dinde et tous les rapports indiquent une grande variation dans la fertilité et l’éclosabilité (pers com. R. Gonda and Robert van den Hoef).
Rusticité
La population est très rustique et peut passer la nuit à l’extérieur. La ponte est saisonnière, de mi-mars à mi-juillet dans le sud du Canada.
Utilisation
Production non intensive dans des fermes familiales. Marketing de créneaux pour une viande d’excellente qualité.
GÉNÉTIQUE
La population actuelle est composée de moins de 500 femelles et 250 mâles (pers com. R. Gonda, université de la Saskatchewan, 2003)
Ces chiffres sont une indication des effectifs de la race en Amérique et dans le monde. L’association américaine pour la conservation des races de bétail a inclus des dindons bronzés dans son sondage de 2003, incluant le « bronzé standard »(séparément du dindon bronze à large poitrine) et a répertorié 441 mâles et femelles à l’intérieur de sept populations d’élevage primaire, les classant dans la catégorie « critique ».
ASSOCIATION DE RACE
Même s’il n’existe aucune société ni aucun club dédié à cette race au Canada, les personnes intéressées peuvent obtenir de l’information sur les animaux reproducteurs auprès de :
Roy Crawford, Site 606, PO Box 8 RR#6 Saskatoon SK, S7K 3J9, téléphone 306-931-3352, courriel crawford.rd@sk.sympatico.ca
Robert Gonda, Université de la Saskatchewn, 6034Agriculture Building, 51 Campus Dr., Saskatoon S7N 5A8, téléphone 306-966-4343
Robert et Margareta van den Hoef, Mono Cliff’s Dear Farm, RR#1 Orangeville ON L9W 2Y8, téléphone 519-940-0065, courriel : rvdh@hurontario.net
Bernie Leclair, RR#1 Conesecon ON K0K 1T0, téléphone 613-399-5316, courriel bw.leclair@lincsat.com
Dan Price-Jones, RR#4 Madoc ON K0K 2K0, téléphone 613-473-1395, courriel dan@nvp-inc.com
Rare Breeds Canada, 341-1 Clarkson Rd. RR31Castleton ON, K0K 1M0, téléphone/télécopieur 905-454-7768, courriel rbcoffice@yahoo.ca
ÉTATS-UNIS
Un seul troupeau reproducteur et quelques troupeaux répartis dans des universités
Wish Poultry, Box 362, Prairie City, OR 97869, telephone 541-820-3509. (récemment fermé – référence : R.D. Crawford)
D’autres sources sont disponibles dans le répertoire des éleveurs ALBC
Bender, Marjorie E.E. 2003. Heritage Turkeys in North America. American Livestock Breeds Conservancy
Bennett,
John C., 1850, The Poultry Book
Christman,
Carloine J and Hawes, R.O., 1999, Birds of a Feather, Saving Rare Turkeys
from Extinction, American Livestock Breeds Conservancy, ISBN 1-887316-03-5
Crawford,
R.D., 1990, Poultry Breeding and Genetics, Elsevier Press, ISBN 0-444-88557-9.
Davey,
A.D., 1974, American Poultry History 1823-1973, American Publishers, Madison,
Wisconsin.
Jull,
M.A., 1927, Races of Domestic Fowl, McGraw Hill
Jull,
M.A., 1930 Fowls of Forest and Stream Tamed by Man, McGraw Hill
Jull,
M.A., 1947 Raising Turkeys, Ducks, Geese and Game Fowl, McGraw Hill
van
den Hoef, Robert and Margarita, 1999, A Brief History of the Unimproved Bronze
Turkey. Genesis Vol. 14, #4
Données recueillies par Dan Price Jones et Ted Lawrence, Rare Breeds Canada