CONSERVATION
DES RESSOURCES GÉNÉTIQUES DES ANIMAUX DE FERME D.L.
Patterson Les personnes intéressées peuvent obtenir une copie de ce dépliant auprès de la : Fondation
canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme Janvier 2003 |
Antécédents
Les caractéristiques
phénotypiques (apparence) sont souvent utilisées pour classifier
les animaux en espèces, et il existe une grande diversité entre
les espèces. Il peut toutefois y avoir une variation génétique
limitée à l’intérieur de chaque espèce.
La domestication des animaux a mené au développement de races
spécifiques, ce processus augmentant la variation à l’intérieur
des espèces.
Intensification de l’agriculture
À mesure que l’agriculture est passée de petits systèmes de production à de grands systèmes commerciaux, la diversité génétique des animaux de ferme a diminué. Les objectifs de sélection et les environnements de production sont maintenant très similaires dans l’ensemble des pays développés. Nous sommes très efficaces pour changer la diversité génétique des populations.
Par exemple :
Le résultat? L’industrie animale moderne n’utilise maintenant que quelques races dans toutes les espèces. Parmi les nombreuses races déjà utilisées dans les fermes, plusieurs ont vu leur nombre diminuer de façon importante et d’autres ont complètement disparu.
Raisons de la conservation génétique
Si nous avons ce qu’il y a de meilleur, pourquoi nous préoccupons-nous de la préservation de la diversité génétique ?
Nous
devons conserver les gènes et les combinaisons de gènes potentiellement
utiles
Le « meilleur » est défini comme la production industrielle
d’une petite quantité de produits dans un monde développé.
Nous commençons à peine à comprendre la complexité
des gènes et leur interaction en vue de la production du phénotype.
Nous risquons de perdre des gènes de valeur.
Par exemple :
Prendre
avantage de la vigueur hybride
La vigueur hybride
est l’augmentation supérieure à la moyenne de la souche
parentale obtenue par le croisement de races génétiquement différentes.
Les croisements sont pratiqués à grande échelle dans la
production porcine, ovine et bovine. Si on ne conserve que quelques races, l’occasion
de développer des bons croisements est perdue.
Dépasser
les plateaux de sélection
Un plateau de sélection survient lorsque la variation génétique
est perdue, aucun changement n’est dorénavant possible parce que
les animaux sont génétiquement pareils. Si la variation génétique
existe dans d’autres races, des croisements peuvent être effectués
pour dépasser ces plateaux.
Fournir une police d’assurance contre :
Pour
des raisons culturelles
Notre histoire
est étroitement liée aux pratiques agricoles et à l’utilisation
de races particulières. La vache Canadienne et la poule Chantecler sont
associées à la culture canadienne-française. Le poney terre-neuvien
développé pour répondre à des conditions environnementales
difficiles est maintenant reconnu comme une race du patrimoine par Terre-Neuve
et le Labrador. Le cheval de race Canadienne a récemment été
reconnu par le Parlement comme le cheval national du Canada. Des races de volailles
telles que la Plymouth Rock rayée et les races de chevaux lourds tels
que Percheron et Clydesdale étaient souvent présentes à
la ferme. Ces races sont maintenant utilisées dans les parcs «
d’histoire vivante » ou dans des « musées nature »,
et sont importantes en matière de formation et de tourisme.
Pour
la recherche
Des lignées de contrôle (non sélectionnées) sont
utilisées pour mesurer le progrès génétique dans
la sélection. L’identification de gènes spécifiques,
qui réglementent des caractères tels que la qualité du
produit et la santé, est facilitée par la comparaison entre des
groupes très différents. L’évaluation économique
de programmes d’élevage inclut maintenant des aspects sociologiques
tels que l’importance du développement rural durable. La recherche
sur le rôle des races mineures dans un tel système de production
est nécessaire.
Objectifs de la conservation
Garder la variation génétique comme une combinaison de gènes, sous une forme qui est facilement récupérable
Les animaux vivants peuvent être appropriés dans certaines situations. La cryopréservation de semence, d’ovules ou d’embryons est possible dans de nombreuses races et les nouvelles technologies de culture de tissus sont prometteuses.
Garder
des gènes spécifiques
À mesure que des séquences de gènes reliés à
des caractères spécifiques seront identifiées et définies,
nous serons capables de sauver ces portions d’ADN dignes d’intérêt.
Étapes nécessaires à la conservation
Inventaire
La définition d’une race en voie de disparition dépend de
facteurs tels que le nombre de mâles et de femelles d’élevage,
la population totale, la quantité de sous-populations et les tendances
dans la taille de la population. Il est donc important de surveiller sur une
base régulière les effectifs et le changement dans les effectifs.
Évaluation
Les animaux doivent être caractérisés pour le phénotype
et le génotype, par l’utilisation de nouvelles technologies appropriées.
Des approches de cartographie génétique telles que le testage
pour les polymorphismes de nucléotide simple (PNS) aident à retracer
les ancêtres et à déterminer la distance génétique
d’un groupe par rapport à un autre. L’évaluation de
la performance phénotypique doit être standardisée et transposée
dans l’environnement où le matériel génétique
pourrait être utilisé.
Choix
Le choix des races pour la conservation doit inclure les raisons culturelles,
la valeur potentielle et la menace d’extinction. Des nouvelles techniques
mathématiques et des théories économiques aident à
évaluer le risque de perte et les avantages potentiels.
La sauvegarde des races pures préserve les caractéristiques de cette race et fait que l’animal est facilement identifiable. Les croisements entre plusieurs races pour produire des composites ont l’avantage de sauvegarder le matériel génétique tout en réduisant les frais d’entretien. Le génotype total de chaque race est toutefois perdu.
Préservation
Les populations peuvent être sauvegardées en tant qu’animaux vivants. Cette approche est coûteuse et, à moins que la race soit utilisée pour la production, elle a peu de chances de réussite. Le développement d’une approche de marketing sélectif faisant ressortir les caractères d’une race en particulier est susceptible de porter fruit. Le fait d’établir un lien entre le maintien de la race et le tourisme et la formation (visites de ferme) peut être utile.
Cryopréservation : La semence, les ovules et préférablement les embryons peuvent être congelés. Cette technique est efficace pour les bovins mais est malheureusement difficile pour d’autres espèces. Pour ces espèces où la cryopréservation est effectuée de façon routinière, il est nécessaire d’avoir un centre national de contrôle et de maintien des ressources génétiques congelées.
Prélèvement d’ADN : Il existe un potentiel d’utilisation de l’ADN et du clonage pour redévelopper les races, mais la technologie est encore nouvelle et les coûts sont élevés. Que les animaux soient gardés vivants ou en tant que matériel congelé, il est nécessaire d’avoir plus d’un emplacement pour entreposer ces réserves. Les désastres naturels, les accidents et les changements de ressources financières peuvent résulter en une perte instantanée de matériel génétique.
Qui sont les intervenants?
Industrie
animale commerciale
L’industrie commerciale doit faire ressortir les caractères de
valeur économique, maintenant et dans un proche avenir. Les éleveurs
industriels gardent du matériel génétique pour répondre
à ce besoin. L’augmentation de la mondialisation et l’intégration
verticale des compagnies représentent un risque pour ces réserves
génétiques, au Canada et dans le monde entier.
Éleveurs
Les éleveurs privés gardent des animaux de races mineures, comme
passe-temps ou comme faisant partie de l’entreprise agricole. Il se peut
que l’importance soit accordée au phénotype et que des petites
populations mènent à une diversité génétique
réduite. Le matériel génétique risque d’être
perdu si la situation d’un éleveur change.
Groupes
de conservation
La Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux
de ferme travaille de concert avec le gouvernement, les universités et
les centres de recherche, les organismes de sauvegarde des races et les éleveurs
privés, dans le but d’obtenir du financement et de fournir des
ressources et de l’information sur la conservation des ressources génétiques
animales. Parmi les membres, on retrouve des agriculteurs, des scientifiques,
des associations de race et des organismes de produits.
Rare Breeds Canada est un organisme qui regroupe des éleveurs et d’autres personnes intéressées à la conservation des races mineures. L’information sur les méthodes de gestion, les races en danger et l’échange de matériel génétique est facilement accessible grâce à des rencontres, un bulletin d’information et un site web. Le groupe travaille en collaboration avec d’autres groupes nationaux tels que le American Livestock Breeds Conservancy. Rare Breeds International est l’organisme-cadre qui chapeaute ces groupes dans le monde entier.
Gouvernement
Les gouvernements fédéral et provinciaux fournissent actuellement
du financement limité. Les stations fédérales de recherche
agricole et certaines universités ont déjà gardé
des animaux de races de bétail mais ces réserves sont maintenant
minimales. Les gouvernements provinciaux fournissent parfois de l’aide
par l’entremise de musées et de parcs agricoles. Au milieu des
années 90, Agriculture et Agroalimentaire Canada a fourni des ressources
visant à développer un inventaire de ressources génétiques
animales et à établir des priorités en matière de
conservation. Les races indigènes sont reconnues comme une ressource
génétique par la Convention des Nations Unies sur la biodiversité
(1992) dont le Canada est un signataire.
International
L’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
(FAO) joue un rôle majeur dans l’aide aux pays individuels par le
biais de programmes de conservation et offre un forum de consultation et de
planification internationales. Leurs publications et leur site web fournissent
de l’information sur les méthodes et les ressources. Différents
pays dans le monde sont à développer des rapports sur le statut
actuel de leurs ressources génétiques qui seront intégrés
dans un rapport mondial en 2006. Le rapport préliminaire du Canada a
été soumis au gouvernement fédéral en septembre
2002.
Les États-Unis ont mis sur pied un programme de matériel génétique animal national. Parmi les activités, on retrouve un système central d’entreposage pour le matériel génétique et une banque de données pour retracer les ressources.
Des événements tels que le Congrès mondial sur la génétique appliquée à la production d’animaux d’élevage fournissent un forum aux scientifiques intéressés par la diversité génétique. Lorsque possible, des ressources financières sont mises à la disposition de scientifiques dans les pays en voie de développement pour leur permettre d’y assister.
Autres lectures et ressources