DÉclaration de principe, janvier 2003
Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme
« Le besoin de développer une politique canadienne en matière de ressources génétiques animales »
Le dÉfi
LA SOLUTION
LES DÉTAILS
Les ACTIVITÉS DE LA FONDATION
La Fondation a été extrêmement active au cours des deux dernières années. En 2001, elle a soumis un rapport, préparé par Dr Larry Milligan de l’Université de Guelph, intitulé « Les ressources génétiques animales du cheptel canadien : le besoin d’une stratégie de conservation nationale ».
Le résumé de ce rapport se lit comme suit :
« L’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture a reconnu l’appauvrissement majeur des ressources génétiques des animaux de ferme dans le monde et a pris des mesures concrètes. La FAO dirige ainsi une initiative internationale visant à aborder le problème de la conservation des ressources génétiques des animaux de ferme et le Canada est un participant à ces discussions. Il est prévu que le Canada produise un rapport et agisse efficacement et sérieusement. Toutefois, à l’intérieur du pays, la question de la conservation des ressources génétiques animales est traitée par des groupes dispersés qui sont motivés en grande partie par leur propre détermination, leur philanthropie et leur disponibilité. Cela ne représente pas un investissement ou un effort national significatif pouvant mener à l’adaptabilité future des animaux d’élevage et à l’avancement des connaissances reliées au génome.
Il devra maintenant y avoir un leadership et un financement à l’échelle nationale (i.e. la nomination d’un chef de file reconnu internationalement et d’un comité directeur prestigieux) dédiés au développement immédiat et à la mise en application rapide d’un plan d’action efficace. Ce plan devra fournir des détails complets sur l’implication des gens, les besoins en recherche, les collaborations et les échéanciers. »
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Comité d’évaluation de la conservation de la Fondation
Au cours de l’été 2002, les membres du sous-comité d’évaluation de la conservation de la Fondation ont discuté des priorités en matière de conservation des espèces individuelles. Des représentants des secteurs aviaire, bovin, laitier et porcin se sont réunis. Tous ces groupes en sont venus à la conclusion qu’un plan d’action était instamment requis et la Fondation a mandaté Dr Rob S. Gowe, ancien directeur du Centre de recherches alimentaires et zootechniques d’Agriculture et Agro-alimentaire Canada, de préparer un tel document. Une partie du rapport du Dr Gowe se lit comme suit :
« La Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme (CFAGRF), des spécialistes de l’industrie et des scientifiques qui traitent de problèmes reliés à l’élevage des animaux et de la volaille sont convaincus qu’il est urgent qu’une action soit prise à ce sujet. La première étape consiste à mettre sur pied un plan clair et réalisable visant à préserver le matériel génétique à risque dans le but d’éviter des pertes supplémentaires. Dans une série de rapports et d’articles, la Fondation a indiqué la direction générale que le gouvernement canadien devrait prendre pour mettre fin, par une intervention active, à la perte de matériel génétique important et aussi pour ralentir la perte massive de variations génétiques qui affecte de nombreuses et d’importantes races domestiques de bétail et de volaille largement utilisées. Ce rapport détaille le plan d’action requis pour atteindre cet objectif.
Des sous-programmes spéciaux seront requis pour prendre en considération les écarts actuels dans la connaissance des techniques de préservation de la semence, des ovules et des embryons de différentes espèces. Pour que le programme réussisse, il faudra que les représentants des différentes races et espèces ainsi que les entreprises reliées à l’industrie travaillent en étroite collaboration. La mise sur pied par la Fondation de comités formés de représentants des espèces et de sous-groupes composés de représentants des races a servi à cette fin. Leurs réunions et leurs rapports subséquents indiquent qu’ils donnent leur soutien total aux besoins prioritaires et à l’approche générale proposée ici. La formation d’un comité technique permanent formé d’experts canadiens dans le domaine de la préservation du matériel génétique sera aussi requise.
Depuis de nombreuses années, des scientifiques informés et impliqués recommandent de mettre sur pied des programmes nationaux visant à préserver le matériel génétique. Un symposium sur ce sujet, regroupant huit conférenciers sous la présidence de Dr I. Mason, a été présenté au 1er Congrès mondial sur la génétique appliquée à la production du bétail en 1974. En 1979, lors d’une consultation d’experts de la FAO en Inde, l’importance de la préservation des races tropicales d’animaux laitiers a fait l’objet de plusieurs documents. En 1986, Dr Barker de l’Australie, dans un document sur la préservation des ressources génétiques animales, a souligné que le sujet est discuté depuis 25 ans mais que peu d’actions ont été entreprises, même si elles sont absolument nécessaires. Les États-Unis ont récemment mis sur pied un solide programme pour la préservation de leurs ressources génétiques. Ce programme, résumé par Dr Blackburn lors du 7e Congrès mondial sur la génétique appliquée à la production du bétail en 2002, prévoit une grande collaboration avec l’industrie de l’élevage pour assurer que le programme n’enfreindra pas la propriété privée du matériel génétique et que les propriétaires seront protégés. D’autres pays reconnaissent finalement que des mesures doivent être prises avant qu’il ne soit trop tard. Il y a plusieurs années, des phytologues du Canada, des États-Unis et de nombreux autres pays ont reconnu la nécessité de préserver le matériel génétique végétal et ont obtenu un soutien solide de leur gouvernement. Le Canada a un programme très détaillé dans ce domaine. Il est difficile de comprendre pourquoi il n’y a pas de programme similaire pour le bétail et la volaille. »
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En novembre 2002, les membres de l’exécutif de la Fondation ont rencontré les membres du Caucus du gouvernement sur l’éducation postsecondaire et la recherche. Dans son préambule, le président de la Fondation, Dr Donald McQueen Shaver, a présenté le concept de la Conservation des ressources génétiques du bétail.
« J’ai consacré une partie de ma vie à la production alimentaire et j’ai voyagé dans le monde entier pour promouvoir cette cause. Lorsque j’étais un jeune homme, j’ai été influencé par une citation de Mahatma Gandhi : « La terre peut subvenir aux besoins de chaque homme, mais pas à sa cupidité ».
Les gouvernements appuient la préservation de nombreux sites historiques, de ruines anciennes et de grands musées. Ces réalisations sont d’un grand intérêt pour le public, mais le maintien du matériel génétique qui fournit la nourriture pourrait avoir une plus grande signification pour l’humanité.
Dans l’avenir, les approvisionnements alimentaires dépendront beaucoup de la disponibilité d’une réserve substantielle de matériel génétique diversifié au sein des principales espèces de plantes et d’animaux.
Un des principaux objectifs de la Fondation est de convaincre le gouvernement fédéral que la conservation de la génétique des animaux de ferme est une importante responsabilité sociétale et que le gouvernement doit assumer le rôle visant à implanter un solide programme de conservation dans les plus brefs délais.
La moyenne des revenus provenant de l’agriculture canadienne se situe à environ trente milliards de dollars; les secteurs du bétail et de la volaille comptent pour 55 % de ce montant et le secteur des cultures pour 45 %. Par contre cette année, le budget fédéral de recherche prévoit un investissement de 47 % pour les plantes et de 10 % pour les animaux. Cette disparité dans les investissements existe depuis longtemps.
Dr Henry Friesen, président de Génome Canada, dans une lettre au Globe and Mail se référant au Gairdner Awards for Science, a écrit : « Le fait que les Gairdner Awards soient une initiative canadienne et le fait que, cette année, dix des plus grands scientifiques en matière de génomique soient venus à Toronto pour accepter leur prix représentent un hommage à la Gairdner Foundation. Mais le fait qu’aucun des scientifiques honorés ne soit canadien est une indication de l’engagement que nous devrons prendre afin de fournir des ressources en matière de recherche si nous voulons que le Canada soit un participant significatif dans l’âge d’or de la science et de la découverte génomiques. »
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Les membres du comité exécutif de la Fondation ont ensuite fait des présentations au caucus.
Dans sa présentation, Dr Roger Buckland, ancien doyen de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill, a déclaré :
« Je débuterai en décrivant les domaines d’expertise qui devraient être inclus dans la mise sur pied du « Centre canadien pour la conservation du matériel génétique animal ». Je décrirai ensuite comment les ressources humaines et physiques pourraient être mises en place pour que les objectifs soient atteints. Je terminerai avec un commentaire sur l’administration d’un tel Centre et sur le rôle que notre Fondation pourrait y jouer.
EXPERTISE ET RESSOURCES HUMAINES
En ce qui concerne l’expertise, j’énumérerai les domaines de recherche et de conservation qui, selon nous, devraient être considérés et j’indiquerai la façon dont ils devraient être couverts par une équipe de recherche. L’élément important du travail serait de développer des technologies ex situ pour la conservation des ressources génétiques des animaux de ferme.
Vient ensuite la question de savoir comment le Canada peut mettre sur pied une telle équipe. Premièrement, la Fondation croit qu’il n’est pas réaliste de penser que le Canada peut engager sur-le-champ huit scientifiques à un coût de 500 000 $ chacun. C’est ce qu’il en coûte aujourd’hui pour former un scientifique dans le domaine. Il est plutôt évident que le Canada devra compter sur le travail d’équipe, la collaboration et le partage des ressources de la communauté scientifique canadienne pour atteindre ses objectifs. Cela nécessitera également un leadership solide.
Au départ, la Fondation croit qu’un noyau critique de scientifiques est indispensable comme c’est le cas pour les Ressources phytogénétiques du Canada. Ainsi, la proposition selon laquelle le Canada doit mettre sur pied le Centre peut être considérée sous deux aspects en ce qui a trait aux ressources humaines. Le premier est d’identifier et d’engager un scientifique qui sera le directeur du Centre et qui fera partie d’une équipe formée de trois scientifiques et de leur personnel de soutien.
Le deuxième aspect est d’identifier des scientifiques canadiens qui pourront couvrir les autres domaines d’expertise et se joindre au Centre tout en demeurant dans leurs fonctions actuelles. De façon à ce que certains de leurs efforts de recherche soient dirigés vers les objectifs du Centre, des discussions devront être entreprises avec le CRSNG et Agriculture et Agro-alimentaire Canada qui pourraient assigner certaines ressources à ce projet. Le développement d’un Centre selon l’approche couvrant les domaines d’expertise mentionnés précédemment avec des scientifiques appropriés prendrait de cinq à dix ans.
ÉQUIPEMENT ET RESSOURCES PHYSIQUES
Le matériel de laboratoire requis pour le groupe central de trois scientifiques devra en toute vraisemblance être acheté.
Nous aimerions insister sur le fait que la Fondation croit que des installations à la fine pointe de la technologie seront requises à la fois pour les laboratoires et pour l’entreposage du matériel génétique du bétail et de la volaille.
Des installations seront requises pour le bétail et la volaille utilisés à des fins expérimentales. Pour satisfaire à ce besoin, il existe probablement une quantité d’installations qui pourraient être mises sous l’égide de la Fondation. Cela pourrait être fait en partie par des rénovations et en partie par le biais de locations et de contrats.
Avant de quitter le domaine des ressources physiques, j’aimerais faire ressortir deux éléments. Le premier est que la séparation entre les sciences reliées à notre secteur agro-alimentaire et le large domaine des sciences biologiques et environnementales n’existe plus. Ainsi, le Centre devrait être structuré de façon à pouvoir faire une utilisation complète de la communauté scientifique canadienne. Deuxièmement, des installations hébergeant le bétail et la volaille seront requises et il existe présentement de telles installations dans différents endroits au Canada.
ADMINISTRATION DU CENTRE ET RÔLE DE LA FONDATION
La stratégie globale pour la gestion des ressources génétiques des animaux de ferme de l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture recommande que chaque pays établisse un centre national de liaison. En bref, il est recommandé que le gouvernement, le secteur commercial, des organismes de formation et des instituts de recherche y soient représentés. La Fondation envisage la formation d’un comité consultatif national, conformément à ces suggestions. La Fondation assumerait ce rôle et, au cours de la prochaine année ou d’une année ultérieure, cesserait d’exister en tant que Fondation et évoluerait au sein de ce comité consultatif. »
Dr Buckland a aussi présenté un projet de budget pour les frais d’immobilisation et d’exploitation du Centre tel que proposé. Ce projet se lit comme suit :
Budget d'exploitation annuel
| Trois scientifiques | 1 500 000 $ |
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| Ententes de location/contrat pour le bétail et la volaille | 500 000 $ |
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| Total | 2 000 000 $ |
Coûts fixes annuels pour une période de trois ans
| Équipement (total : 3 000 000 $) | 1 000 000 $ |
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| Espace de bureau et de laboratoire (total : 1 000 000 $) | 333 000 $ |
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| Rénovation des installations existantes pour le bétail |
1 000 000 $ |
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| Total des coûts fixes annuels | 2 333 000 $ |
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En terminant sa présentation au caucus, Dr Donald Shaver s’est référé à l’histoire prestigieuse du Canada dans le domaine de la recherche reliée aux animaux et à la volaille. Des coupures et des fermetures (spécifiquement au Centre de recherches alimentaires et zootechniques à Ottawa) ont dramatiquement réduit cette capacité. Dr Shaver a suggéré que des sous-comités formés de membres du caucus et de scientifiques servent de commissions de révision qui assureraient que le parlement est mis au courant de telles propositions avant que les instituts soient supprimés, et qu’elles soient examinées à la lumière de l’intérêt national à long terme du Canada.
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À la suite de la présentation de la Fondation auprès du caucus, M. Peter Adams (débuté libéral de Peterborough) a soulevé la question de la génétique du bétail dans une déclaration à la Chambre des communes (Hansard, 29 novembre 2002).
« Monsieur le président, la diversité des espèces est la base essentielle de la continuité de la vie sur la planète. De la même façon, la diversité du bétail, des bovins, des porcs, de la volaille et des autres espèces au Canada est la base de la qualité et de la sécurité de notre approvisionnement alimentaire.
Alors que le Canada fait un bon travail dans son appui à la diversité génétique des plantes alimentaires, il fait peu d’efforts pour préserver et pour promouvoir la diversité du bétail. Il en résulte que nous dépendons de lignées d’animaux de ferme de moins en moins nombreuses. Par exemple, la majorité des vaches laitières au Canada sont étroitement apparentées les unes aux autres. Cette situation est dangereuse en ce qui concerne les risques de maladies et le développement futur de variétés de bétail.
Je demande avec insistance que la génétique du bétail reçoive une attention particulière lors de la préparation du budget. Nous avons besoin d’un centre national pour la conservation de notre recherche en matière de génétique du bétail semblable à celle que nous avons pour les plantes en Saskatchewan. Écoutons les recommandations de la Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme et agissons avant qu’il ne soit trop tard. »
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Lors de l’assemblée annuelle de la Fondation tenue le 20 novembre 2002, Dr Steve Morgan Jones, d’Agriculture et Agro-alimentaire Canada (AAC), a abordé le sujet de la conservation de la génétique du bétail. Il a confirmé que le ministère n’a présentement investi aucune ressource dans cette activité qui dépend de groupes de volontaires. Il a confirmé que AAC a une importante collection de plantes au centre de Saskatoon, laquelle est bien subventionnée. Ce centre échange du matériel génétique dans le monde entier. Dr Morgan Jones a ensuite identifié les raisons pour lesquelles un centre de conservation de matériel génétique du bétail est nécessaire, avec les titres suivants :
Il a ensuite présenté les recommandations suivantes relativement au budget :
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Les membres de la Fondation ont été impressionnés par l’étroite similarité entre l’estimé du Dr Buckland et celui du Dr Morgan Jones en ce qui concerne les coûts d’implantation du Centre, même si ces deux scientifiques ont travaillé de façon complètement indépendante.
La Fondation croit qu’une action gouvernementale doit maintenant suivre, de façon rapide et décisive. La création d’un Centre canadien pour la conservation du matériel génétique animal devrait devenir une priorité pour Agriculture et Agro-alimentaire Canada au cours des prochains mois. La Fondation espère pouvoir jouer un rôle approprié dans cet important développement.
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Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux
de ferme
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