Rédacteur: Dr Peter Hunton
Éditeur Jim Dairymple

Sur Ia scène de Ia conservation du patrimoine génétique

Bulletin d'information de la
FONDATION CANADIENNE DES RESSOURCES GÉNÉTIQUES
DES ANIMAUX DE FERME

P.O. Box 3027, Brighton, Ontario, Canada, KOK 1HO

Volume 1-1

PRINTEMPS 2002


Bienvenue

J’aimerais vous souhaiter la bienvenue à cette première édition de Sur la scène de Ia conservation du patrimoine génétique, le bulletin d’information de Ia Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme. la Fondation est vouée à Ia sauvegarde et à l’avancement du potentiel à long terme des industries canadiennes reliées au bétail et à Ia volaille, qui engendrent présentement plus de Ia moitié des revenus annuels dérivés de l’agriculture au Canada.

ll est impératif qu’une infrastructure de recherche dotée d’un mérite substantiel soit créée et maintenue avec dynamisme, de façon à répondre aux exigences futures de nos vibrantes industries. Cette responsabilité relève à la fois du gouvernement et de l’industrie elle-même.

Un élément essentiel du succès de l’industrie du bétail est qu’un ensemble diversifié de ressources génétiques soit facilement accessible. À partir d’un tel ensemble, il devient possible d’effectuer des expériences, des améliorations et des modifications afin de s’adapter aux changements amenés par les circonstances environnementales et économiques.

À cette fin, la Fondation concentrera ses efforts à la conservation des races à faible effectif qui, historiquement, ont acquis une réputation régionale en matière d’excellence, mais qui ont été mises de côté en faveur de races dont l’attrait universel est plus grand et qui sont soutenues par de solides entreprises de marketing. Ces races à faible effectif représentent une solide « solution de rechange » pour notre industrie puisqu’elles sont au centre d’un réservoir génétique inexploité.

Même si nous déplorons le fait que plusieurs de ces races aient déjà disparu à jamais, le mandat de la Fondation est de mettre fin à cette attrition.

Nous vous demandons avec insistance de vous joindre à notre croisade et de convaincre d’autres personnes d’en faire autant.

Sincèrement,
Donald McQ. Shaver, O.C., D.Sc.
Président

Soutien d’agriculture et agroalimentaire Canada

La Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme est reconnaissante pour le soutien accordé par l’Honorable Lyle Vanclief en vue du financement par le Fonds canadien d’adaptation et de développement rural (CARD) du plan de communication de Ia Fondation. Ce montant de 61,000 $ permettra à la Fondation et à ses partenaires de l’industrie de mettre de l’avant leurs projets d’obtenir un site web, de l’information technique et éducationnelle supplémentaire, un bulletin trimestriel, du matériel d’étalage et d’autres éléments visant à favoriser la mission, les buts et les objectifs de Ia Fondation.

Les prochains bulletins décriront les nombreuses activités réalisées grâce à ce soutien financier.

Rapport canadien sur la

diversité des animaux de ferme

Un rapport sur son statut en date du 4 avril 2002

F G. Silversides et 0. L. Patterson

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAQ) s’est engagée dans un processus visant à définir la diversité génétique des animaux de ferme dans le monde. Des pays individuels ont été invités à résumer la situation de la diversité génétique des animaux de ferme et leurs rapports régionaux seront condensés dans un rapport mondial qui devrait être complété d’ici 2005. En janvier 2002, près de cent pays avaient accepté de participer à ce processus. La FAQ aimerait que chaque pays décrive la situation actuelle, les changements qu’ont subi les ressources génétiques des animaux de ferme au cours des dix dernières années et les changements attendus pendant les dix prochaines années. Cette vision de l’avenir a pour but d’encourager le développement de plans nationaux visant à maintenir la diversité génétique au sein des populations d’animaux de ferme. A cette fin, la FAQ a demandé à ce que tous les intervenants participent àla préparation du rapport.

Au Canada, un comité spécial des intervenants a été mis sur pied, dont le président est Roy Crawford et le secrétaire S. K. Ho. Dian et moi-même avons accepté de rédiger le document avec l’aide du comité spécial ou d’autres sources jugées appropriées. Dr Shaver représente la Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme à ce comité. En plus de fournir un rapport écrit et oral lors de la réunion de novembre à Saskaton, Dr Shaver s’est assuré que Dian et moi ayons le rapport canadien sur les ressources génétiques du bétail, préparé sous la supervision de Larry Milligan, pour nous aider à la préparation du document. D’autres membres du comité ont fourni de l’information, soit à la rencontre de Saskatoon ou lors de communications subséquentes.

Une version préliminaire du rapport canadien devrait être complétée et remise aux membres du comité d’ici la fin d’avril. La contribution des membres du comité fait partie intégrante du rapport régional. Nous nous attendons à plusieurs révisions avant que le rapport puisse être présenté au gouvernement canadien, représenté par le sous-comité sur les ressources génétiques du comité interministériel de la FAQ, pour approbation. Nous espérons être en mesure de présenter le rapport canadien d’ici la fin d’août 2002 de façon à permettre à la FAQ de respecter son échéancier. Une fois que le rapport aura été soumis àla FAQ, nous espérons que les intervenants dans le domaine des ressources génétiques des animaux de ferme au Canada procéderont à la mise en place du plan d’avenir.


Les ressources génétiques du bétail au Canada; la nécessité d’une stratégie nationale en matière de conservation

[A la fin de 2001, la Fondation a commandé une étude sur les ressources génétiques animales au Canada et sur la nécessité d’une stratégie en matière de conservation, menée par le Dr Larry Milligan, de l’université de Guelph. Nous reproduisons ci-après une version très abrégée de son rapport.]

La FAQ dirige un projet visant à étudier la question de la conservation des ressources génétique du bétail et le Canada participe à ces discussions.

Le Canada considère la génétique du bétail comme une entreprise économique qui exporte de grandes quantités de semence et d’embryons dans le monde entier. Toutefois, comme le reste du monde, le Canada vient tout juste de comprendre et de réagir à la nécessité de conserver et de préserver ses ressources génétiques actuelles.

L’effort de conservation est particulièrement important puisque le bétail et les produits animaux engendrent approximativement 35 % des revenus totaux provenant de l’agriculture dans le monde. [intensification de la demande pour des produits animaux crée une uniformité internationale et beaucoup moins de diversité dans les ressources génétiques.

En ce qui concerne la recherche sur le bétail subventionnée par le gouvernement fédéral, l’affectation des fonds ne ref lète aucunement la réalité en ce qui concerne les revenus provenant de l’agriculture au Canada qui, au cours de la dernière décennie, ont été de 55 % pour les produits du bétail et de 45 % pour les produits végétaux.

Toutefois, Agriculture et Agroalimentaire Canada subventionne la recherche aux niveaux suivants:

· Ressources 26%
· Plantes 47%
· Bétail 10%
· Aliments
+ valeur ajoutée 17%

Il y a plusieurs années, le Conseil de recherches agroalimentaires du Canada a mis sur pied un comité d’experts sur la génomique animale, les ressources génétiques et la reproduction.

Le mandat de ce comité est très large et son financement limité. Il n’a donc pas été en mesure de fournir des avis détaillés sur le développement d’un plan d’action national sur la conservation, incluant des éléments de recherche. Même si Agriculture et Agroalimentaire Canada doit fournir un aperçu de nos ressources génétiques actuelles en matière de bétail pour le rapport canadien, il reste encore des besoins en ce qui concerne la planification, le recherche et les aménagements.

Aux États-Unis, le département de l’Agriculture subventionne depuis 1990 un programme national sur le matériel génétique. Un site de conservation a été mis sur pied et des travaux visant à recueillir et à y entreposer du matériel génétique ont débuté. Plusieurs besoins en matière de recherche ont été identifiés et les priorités ont été établies. L’industrie participe à ce projet; un système d’information sera bientôt mis en place et le programme aura la capacité de vérifier le statut du matériel génétique animal américain sur une base permanente.

Le Canada aurait beaucoup à gagner de la mise sur pied d’un programme de conservation du matériel génétique. Les avantages seraient nombreux, incluant une assurance contre les changements dans la demande des consommateurs, les changements dans les circonstances reliées à la production (maladies, disponibilité des aliments, etc.).

Le rapport régional du Canada à la FAQ qui sera inclus dans le premier Rapport sur l’état des ressources génétiques animales dans le monde représente un bon point de départ. Il fera toutefois inévitablement ressortir les sérieuses lacunes dans notre capacité de maintenir les ressources génétiques existantes.

Les recommandations de ce rapport incluront:


L’ALC augmente les bénéficès des producteurs et des consommatèurs

Par : Steve Morgan Jones, AAC

L’acide linoléique conjugué (ALC), un acide gras dont les propriétés anti-cancérigènes et anti-obésité sont reconnues, peut être augmenté naturellement chez le bétail laitier par l’ajout d’huile végétale au régime alimentaire, a déclaré Dr Zahir Mir, un chercheur au Centre de recherche de Lethbridge d’Agriculture et Agroalimentaire Canada.

« Nous avons constaté que nous pouvions augmenter I’ALC dans la viande par 600 % au-dessus du contrôle», affirme le Dr Mir. « Cela profitera aux consommateurs et aux producteurs, c’est donc une situation favorable aux deux parties et nous sommes très excités par cette découverte. »

Selon le Dr Mir, la découverte en 1987 des propriétés anti-cancérigènes de I’ALC a provoqué une frénésie dans le domaine de la recherche, couvrant tous les aspects de la molécule. Ajoutée aux avantages potentiels significatifs en matière de santé pour les humains qui consomment du boeuf, l’augmentation de l’efficacité de la production et des avantages environnementaux grâce à I’ALC pourrait avoir des répercussions impressionnantes dans l’industrie du boeuf.

L’ALC comprend neuf différents composants apparentés appelés isomères. Un des isomères a des propriétés anti-cancérigènes. Un autre a un « effet de partitionnement de l’énergie », qui a des répercussions sur l’obésité chez les humains. L’ALC favorise également le développement de muscles maigres et réduit la quantité de gras qui se développe chez les animaux.

Chez le bétail, I’ALC est produit naturellement dans le rumen. Les bovins produisent plus d’ALC lorsque leur diète contient des niveaux élevés d’acide linoléique, un acide gras essentiel dans la ration des bovins. Selon le Dr Mir, la quantité d’ALC dans les régimes alimentaires des humains en Amérique du Nord a diminué au cours des 50 dernières années d’environ trois grammes par jour à un gramme par jour. Cela peut être dû en partie au fait que les rations du bétail sont maintenant plus élevées en grains et moins élevées en fourrage, un facteur expliquant pourquoi des études récentes se concentrent sur l’augmentation de la quantité d’ALC chez les bovins laities.

La nouvelle recherche est un prolongement des études précédentes effectuées au Centre, qui ont démontré que l’utilisation d’huiles végétales à titre de suppléments pouvait augmenter le niveau d’ALC dans la viande des agneaux. L’ALC réduit également le gras dorsal et augmente la masse musculaire maigre des agneaux. Dr Mir et Drs Mike Ivan et Priya Mir, collègues au Centre de Lethbridge, ont utilisé de l’huile de tournesol et de l’huile de saf ran qui contiennent environ 70 % d’acide linoléique, un précurseur de L’ALC, dans les études sur les bovins et les agneaux.

L’augmentation de la concentration d’ALC chez les bovins seulement pourrait ne pas être suffisante pour procurer des avantages anti-cancérigènes aux consommateurs de boeuf. Toutefois, on retrouve aussi de I’ALC dans les produits laitiers tels que le fromage et le lait, ce qui signifie que l’augmentation d’ALC chez le bétail a le potentiel d’avoir un effet significatif chez les humains, précise Dr Mir.

Il est aussi prévu que I’ALC réduira l’excès de gras du bétail, grâce à son effet de partitionnement de l’énergie. Avec moins d’excês de gras, les gains au sevrage seront plus élevés et l’efficacité de l’alimentation sera grandement améliorée. Des études plus poussées sur l’effet de partitionnement de I’ALC ont une portée qui va au-delà de la ferme. Des études effectuées au Centre de recherche de Lethbridge considèrent l’effet potentiel positif de I’ALC sur le développement du gras et l’obésité chez les humains, en utilisant un rat comme modèle.

L’utilisation d’une huile végétale riche en acide linoléique a le potentiel d’améliorer l’efficacité de l’alimentation chez le bétail. La présence de cet acide gras dans le rumen réduit la quantité de protozoaires affamés qui vivent dans le rumen des bovins, laissant davantage de protéines pour le développement de la masse maigre. Cet acide gras capte également l’hydrogène dans le rumen et résulte en une diminution de la production de méthane, ce qui aide à réduire une préoccupation environnementale associée à la production bovine.

D’autres recherches sont en cours pour évaluer plus àfond les avantages de I’ALC pour l’industrie du bétail.


Autre point dè vue sur les priorites

La Fondation est à la recherche d’opinions provenant d’une variété de sources. Une version abrégée d’une lettre reçue du Dr Rob Etches, anciennement àl’université de Guelph et maintenant directeur de la recherche pour Origen Therapeutics, une compagnie de biotechnologie basée en Californie, est publiée ciaprès.

« Voici mes pensées sur la mise sur pied d’une stratégie pour la préservation des ressources génétiques. En premier lieu, ceci devrait être une priorité nationale intégrée et soutenue par un centre de recherche en génomique de classe internationale. Ce centre devrait aborder la question de la conservation des ressources génétiques dans le contexte de technologies avancées qui seraient utilisées pour évaluer et conserver les génomes in vitro. Ceci inclurait la technologie reliée aux cellules somatiques, aux cellules souches embryonnaires et aux cellules souches spermologiques chez les animaux de ferme. Plusieurs des nombreux domaines en croissance rapide reliés à la biologie cellulaire et moléculaire ont des applications pour la conservation des ressources génétiques.

Deuxièmement, l’importance doit être clairement accordée aux stratégies in vitro, simplement parce qu’il est trop coûteux de maintenir de grands groupes d’animaux vivants.

Troisièmement, Agriculture et Agroalimentaire Canada devrait gérer le programme de recherche en lui accordant une grande priorité. Le programme devrait être supervisé par un scientifique de réputation internationale et son personnel devrait avoir le calibre d’un centre de recherche reconnu internationalement. Qn devrait y maintenir des relations de travail avec la communauté scientifique internationale qui est le chef de file dans le domaine de l’analyse génomique chez les animaux domestiques. »


Structure de la fondation

La Fondation est composée de membres individuels et corporatifs et administrée par un conseil d’administration et une série de comités.

Voici la composition du conseil d’administration :

Donald McQ. Shaver, (président) Cambridge, Ontario
Roger Buckland, McGill University, Montréal, Ouébec
Robert Chicoine, L’Alliance Semex, Saint-Hyacinthe, Ouébec
Dick Huggard, Truro. Nouvelle-Écosse
Peter Hunton, conseiller en matiére de volaille, Cambridge, Ontario
Hans Vink, Producteurs laitiers du Canada, Norwood, Ontario
Ted Lawrence, Rare Breeds Canada, Buckingham, Québec
Kimberley Cheng, Université C. -B., Vancouver C. -B. .
Mike Nowosad, 4H Canada, Ottawa, Ontario

Les comités, avec leur président respectif, sont les suivants :

Evaluation de la conservation………………... Peter Hunton
Communications……………………………..... Kimberley Cheng
Adhésion des membres……………………… Dick Huggard
Financement……………………………………. Roger Buckland


Membres corporatifs

La Fondation est reconnaissante aux entreprises suivantes pour leur soutien :

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