Rédacteur: Mike Nowosad
Éditeur: Jim Dairymple

Sur Ia scène de Ia conservation du patrimoine génétique

Bulletin d'information de la Fondation canadienne
des ressources génétiques des animaux de ferme

P.O. Box 3027, Brighton, Ontario, Canada, KOK 1HO

Volume 1-9

Automne 2004

Message du président

Le développement du programme canadien pour la conservation des ressources génétiques animales continue d’aller de l’avant et des activités sur plusieurs fronts ont eu lieu au cours de l’été.

La première a été une rencontre entre des représentants d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et ceux des collèges d’agriculture et de médecine vétérinaire de l’université de la Saskatchewan. Comme je l’ai annoncé dans le numéro précédent, l’université de la Saskatchewan servira de « noyau » dans ce programme. De nombreuses actions et recommandations ont résulté de cette rencontre et seront soumises au comité directeur.

Une des recommandations est à l’effet que le nom du programme soit « Canadian Animal Genetic Resources » ou « Ressources zoogénétiques canadien¬nes ». Il a aussi été recommandé que AAC procède à l’embauche de trois nouvelles personnes qui seront localisées à l’université de la Saskatchewan, et fournisse aussi deux personnes à temps plein parmi leurs scientifiques actuels. Une autre recommandation suggère que l’industrie et les universités offrent des postes dans le cadre du concept de « rayons » par l’utilisation d’expertise existante et/ou par le développement de nouveaux postes en empruntant des avenues telles que des programmes de chaires.

L’université de la Saskatchewan a été désignée comme emplacement des laboratoires et des projets de listes d’équipement ont été élaborés.

Les deux collèges vont soumettre, par le biais des canaux universitaires usuels, une proposition pour un programme d’études supérieures en conservation génétique des animaux domestiques. Les scientifiques localisés à l’université de la Saskatchewan participeront à l’élaboration de ce programme.

En août, un petit groupe de travail a étudié la meilleure façon pour le comité directeur et la Fondation de contribuer au nouveau programme des Ressources zoogénétiques canadiennes. La Fondation et le comité directeur soumettront leurs conclusions respectives cet automne.

En résumé, la question des ressources zoogénétiques canadiennes a fait l’objet de plusieurs efforts de la part de nombreuses personnes pendant l’été et je profite de l’occasion pour vous remercier de votre aide. J’aimerais aussi remercier particulièrement Agriculture et Agroalimentaire Canada qui, à bien des égards, a assumé un rôle de leader. Avec la tenue des réunions de la Fondation et du comité directeur, je m’attends à ce que d’autres étapes importantes soient franchies sur tous les fronts.

Roger Buckland
Président

DANS CE NUMERO

La Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme : son histoire, ses stratégies et ses réalisations
Comptons nos poulets
Des scientifiques déplorent la similarité génétique des pommes d’aujourd’hui
Sources d'


LA FONDATION CANADIENNE DES RESSOURCES GÉNÉTIQUES DES ANIMAUX DE FERME : SON HISTOIRE, SES STRATÉGIES ET SES RÉALISATIONS

Par Dr Peter Hunton, administrateur, Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme
(Présenté au Forum de l’industrie laitière, 14 septembre 2004)

Introduction

La Fondation a vu le jour pendant les années 1990, lorsqu’il est devenu évident que les ressources génétiques animales diminuaient dans le monde entier. L’organisme original a sensibilisé le gouvernement à la situation et un scientifique d’AAC, avec du personnel de soutien, ont été assignés au projet. Toutefois, pour différentes raisons, la Fondation est devenue moins active jusqu’à ce qu’un changement de nom et d’administration se produise en 2001. Dr Don Shaver est devenu président et a recruté une équipe d’administrateurs pour diriger le nouvel organisme.

Pourquoi la Fondation est-elle nécessaire?

Les éleveurs de bétail et de volaille canadiens, en fait les éleveurs du monde entier, veulent se procurer les sujets les meilleurs et les plus productifs. Puisqu’ils œuvrent au sein d’une industrie hautement compétitive et dynamique, ils doivent continuellement s’efforcer d’améliorer la performance avec, entre autres, une production plus efficace, des produits laitiers, de la viande et des œufs de plus grande qualité et une plus grande résistance aux maladies contemporaines. Les éleveurs-souche, les centres d’insémination artificielle et les autres fournisseurs de produits génétiques d’animaux de ferme ont très bien répondu à la demande en adoptant des programmes d’élevage qui amènent une amélioration rapide et constante. Cela a toutefois résulté en une grande uniformité dans le génotype des animaux utilisés dans les principaux pays industrialisés. Les buts et les objectifs sont similaires, c’est pourquoi les reproducteurs tendent aussi à être similaires même s’ils proviennent de plusieurs sources en compétition.

Dans une telle situation, la diversité génétique tend à diminuer rapidement. La diversité existe dans une variété de circonstances mais la plupart d’entre elles partagent un élément d’instabilité. Les amateurs et les agriculteurs desservant des marchés à créneaux utilisent parfois volontairement des sources traditionnelles de matériel génétique plutôt que des sources commerciales contemporaines. Cela fonctionne tant que les individus conservent leur entreprise mais ne peut se maintenir si les marchés changent ou si les propriétaires se retirent sans que personne ne prenne la relève.

De nombreuses ressources génétiques uniques existent dans des pays en développement et sont des atouts précieux. Il se peut toutefois qu’elles ne survivent pas dans une forme viable à mesure que les pays développent des économies de marché ou sont persuadés d’abandonner les races traditionnelles en faveur de génotypes modernes. Si nous voulons conserver une ou toutes ces ressources en vue de leur utilisation par de futures générations d’éleveurs, la seule façon de réaliser cet objectif est que nous posions maintenant des actions positives.

Exemples de concentration génétique

Que fait-on?

Sur une base internationale, l’Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture travaille depuis plusieurs années dans le domaine de la conservation du matériel génétique.

Sous ses auspices, la Liste mondiale de surveillance de la diversité des animaux domestiques a publié sa troisième édition en 2000. Elle contient un inventaire partiel des ressources génétiques animales du monde. Il est prévu que la FAO publiera un inventaire complet en 2007. Chaque pays membre, incluant le Canada, est à préparer son rapport pour cet inventaire.

Certains pays individuels ont mis sur pied des programmes nationaux de matériel génétique pour préserver leurs propres ressources animales. Par exemple, le programme national américain mis en place il y a dix ans a son siège social à Fort Collins, CO, et a déjà commencé à recueillir et à entreposer de la semence, des ovules et des embryons d’espèces importantes. Plusieurs pays européens sont à différents stades dans le développement de leurs programmes nationaux.

Quelles sont les réalisations de la Fondation au Canada?

En 2001 et 2002, les administrateurs de la Fondation ont travaillé fort pour sensibiliser l’industrie aux problèmes potentiels dans l’industrie du bétail et de la volaille. Si vous regardez la liste de nos membres corporatifs, vous verrez tout ce qui a été accompli; nous avons des représentants chez la plupart des espèces et un large éventail de soutien, à la fois moral et financier.

Avec cet appui, la Fondation a lancé une campagne soutenue pour persuader le gouvernement canadien de relever le défi. Il est à noter que le Canada a déjà un Centre des ressources phytogénétiques bien financé à Saskatoon mais jusqu’à récemment, rien de comparable n’a été fait pour les espèces animales.

En 2003, un comité conjoint multipartite a été mis sur pied, avec des représentants du gouvernement fédéral, des universités, de la Fondation et une variété de membres de l’industrie. Le concept d’un centre de conservation du matériel génétique pour le bétail et la volaille a été discuté en détail et un plan d’affaires a été élaboré afin d’être présenté à Agriculture et Agroalimentaire Canada. Ce plan a été approuvé par AAC à la fin de 2003 et il a été décidé que le centre serait localisé à l’université de la Saskatchewan. Des membres du personnel d’AAC ont été réassignés au projet et d’autres embauches sont considérées. Dr Fred Silversides, un généticien de grande expérience dans le domaine de la volaille, a été nommé leader intérimaire du projet.

Centre de conservation de materiel génétique du bétail et de la volaille

Il est prévu que d’ici deux ans, quatre scientifiques seront établis à Saskatoon et formeront le « noyau » de l’organisme. Il y aura aussi une variété de scientifiques « rayons » à d’autres endroits. La recherche et le développement seront effectués dans les disciplines suivantes (et possiblement dans d’autres)

Partenariats

La clé du succès du Centre de conservation de matériel génétique du bétail et de la volaille est une alliance avec l’industrie du bétail et de la volaille (production et élevage), le gouvernement, les universités, les organismes non gouvernementaux et des individus. Il existe un besoin pour des systèmes pratiques et efficaces utilisant dans la mesure du possible les ressources existantes (i.e. entreposage à la ferme, centres d’I.A.) On doit aussi rechercher de l’expertise et des ressources pertinentes à la conservation des ressources génétiques des animaux de ferme.

Plan financier

Le budget total pour les quatre premières années est d’environ 8 millions $. Une grande partie provient d’AAC et des universités mais il est souhaité que l’industrie contribue sous la forme de chaires de recherche. Le salaire des récipiendaires de ces chaires serait financé par l’industrie alors que les universités fourniraient l’infrastructure. La collaboration de l’industrie est extrêmement importante puisqu’elle assurerait le soutien continu d’AAC. Elle permettrait aussi à l’industrie de s’exprimer sur les orientations futures et la fixation des priorités.

Avenir de la Fondation

Bien que la mise sur pied du Centre peut être considérée comme la réalisation d’un des principaux objectifs de la Fondation, il reste encore beaucoup de travail à faire. Alors que le format exact reste à être discuté, la Fondation croit qu’elle peut jouer un rôle important en tant qu’organisme consultatif et lien précieux avec l’industrie, par l’entremise de son réseau de membres. La Fondation a aussi un statut « d’organisme de charité » qui lui permet de recueillir des fonds pour des projets et des fins spécifiques. Un groupe de travail composé d’administrateurs de la Fondation et du comité multipartite étudie présentement ces questions.

Conclusions

Dans ce numéro

« COMPTONS NOS POULETS »

Tiré de Rural Delivery – juillet/août 2004

« Comptons nos poulets », un rapport de l’association américaine pour la conservation du bétail (ALBC), est suffisant pour enflammer même le plus décontracté des éleveurs de volaille. Mais cette publication n’a rien de sensationnel. Elle va à l’essentiel. Si vous recherchez des photos sur papier glacé, des articles fascinants et de l’information historique, allez voir ailleurs.

Ce bref rapport fait état d’un recensement des reproducteurs chez les poulets de race pure en Amérique du Nord. Les résultats, présentés de façon claire et bien organisée, indiquent qu’il y a beaucoup à faire pour préserver la diversité génétique de la volaille. Et les efforts nécessaires, loin d’être coûteux, correspondent à un genre d’élevage à petite échelle qui peut être apprécié par des gens de tous âges, avec des exigences minimes en matière de terres, d’équipement et de capitaux.

Le rapport est écrit conjointement par Marjorie Bender, directrice du programme de recherché et technique de ALBC, Donald Bixby, le directeur du programme technique du groupe et Dr Robert Hawes, professeur émérite de sciences avicoles à l’université du Maine.

Un recensement limité, utilisant des données sur une douzaine de races de poulet présélectionnées, a été effectué en 1987. En 1999, le groupe a développé une stratégie visant à effectuer une enquête exhaustive sur les races de grande taille, recueillant de l’information auprès de particuliers ainsi que de couvoirs.

Se basant sur la population totale ainsi que sur le nombre de groupes d’élevage primaires (au moins 50 oiseaux re¬producteurs), les chercheurs ont catégorisé les races comme « critiques » (moins de 500 oiseaux reproducteurs en Amérique du Nord, 5 groupes d’élevage ou moins); « rares » (moins de 1000 oiseaux reproducteurs, 7 groupes d’élevage ou moins) et « sous surveillance » (moins de 5000 oiseaux reproducteurs, 10 groupes d’élevage ou moins).

Certaines races ont été identifiées comme devant être davantage étudiées pour que leur statut de conservation soit déterminé, d’autres ont été classifiées comme « récupérées » sur la base de l’augmentation de leurs effectifs, même si elles exigent encore de la surveillance.

Parmi les 20 races dans la catégorie critique, 9 sont rares avec moins de 100 oiseaux reproducteurs et 7 n’avaient pas de groupe d’élevage. Dans l’ensemble, la tendance est inquiétante. Alors que la consommation de la volaille a augmenté au cours des dernières décennies, le patrimoine génétique a considérablement diminué. Il y a beaucoup moins de couvoirs indépendants qu’auparavant et ceux qui sont encore en activité ont de la difficulté à survivre.

Les auteurs reconnaissent que des améliorations impressionnantes ont été réalisées en ce qui concerne les races de volaille commerciales. Si les conditions économiques devaient changer de façon à ce que ces exigences ne puissent plus être rencontrées, l’industrie de la volaille se retrouverait privée du matériel génétique lui permettant de relever ces nouveaux défis. Parmi les caractères précieux que nous pourrions regretter, il y a : a) l’aptitude à trouver la nourriture nécessaire dans la nature si besoin est, et b) la productivité combinée de viande et d’œuf. Le rapport est disponible auprès de

American Livestock Breeds Conservancy, Box 477 Pittsboro, N.C. 27312, USA,
au coût de 16 $US, plus 4 $ pour la manutention et le transport.
Courriel : address-albc@albc-usa.org.

Dans ce numéro



JOIGNEZ-VOUS À LA FONDATION!

La Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme vous encourage à joindre ses rangs et à appuyer son initiative visant à augmenter la sensibilisation et le soutien à la conservation des ressources génétiques des animaux de ferme et aux développements technologiques qui y sont reliés.

Adhésion individuelle

Or
Argent
Bronze
150.00 $
100.00 $
  50.00 $

Adhésion corporative

Or
Argent
Bronze
1,000.00 $
   500.00 $
   100.00 $

Envoyez votre chèque payable à :
Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme
P.O. Box 3027, Brighton, Ontario K0K 1H0



LES SCIENTIFIQUES DÉPLORENT LA SIMILARITÉ GÉNÉTIQUE DES POMMES D’AUJOURD’HUI

Tiré de The Toronto Star, le 7 août 2004

« La pomme, le deuxième fruit le plus populaire au monde après la banane, fait l’objet d’une sélection monotone, ennuyante et uniforme. »

L’article poursuit : « La perte de diversité est devenue très controversée dans d’autres secteurs agricoles. Selon Peter Jorgensen, de l’Institut pour la biodiversité agricole en Iowa, les animaux de type clone et génétiquement similaires ont érodé la variation génétique du bétail. Les animaux Holstein composent présentement 91 % des troupeaux laitiers en Amérique du Nord. Le bétail Jersey, autrefois populaire localement, devient de plus en plus rare. Parmi les 15 races de porc nord-américaines populaires il y a 50 ans, huit ont maintenant disparu ».

« Seulement cinq des races historiques de poulet en Amérique du Nord ont survécu. Pratiquement tous les œufs blancs sont produit par une seule variété, les Leghorn blancs. »



La Fondation canadienne des ressources génétiques des animaux de ferme protège vos renseignements personnels en adhérant à toutes les exigences législatives en matière de respect de la vie privée. Nous utilisons vos renseignements personnels pour vous offrir des services et vous tenir informés sur les activités de CFAGRF. Il se peut que nous communiquions avec vous à l’occasion pour vous informer des nouvelles initiatives de CFAGRF. Si vous désirez que votre nom soit retiré de notre base de données, il suffit de communiquer avec nous par téléphone au 613-475-2701 ou par courriel à ded@reach.net et il nous fera plaisir de répondre à votre demande.



SOURCES D’INFORMATION

La Fondation a une grande variété de « Sources d’information » disponibles à la fois en anglais et en français pour les particuliers et les entreprises.

Préserver la diversité génétique des animaux de ferme dans le monde de haute technologie d’aujourd’hui (04/02)

Sur la scène de la conservation du patrimoine génétique 1-1

Sur la scène de la conservation du patrimoine génétique 1-2

Sur la scène de la conservation du patrimoine génétique 1-3

Sur la scène de la conservation du patrimoine génétique 1-4

Sur la scène de la conservation du patrimoine génétique 1-5

Sur la scène de la conservation du patrimoine génétique 1-6

Sur la scène de la conservation du patrimoine génétique 1-7

Sur la scène de la conservation du patrimoine génétique 1-8

Adhésions des membres

Le besoin pour une politique canadienne en matière de génétique animale (01/03)

Préserver la diversité génétique des animaux de ferme dans le monde de haute technologie d’aujourd’hui (01/03)

Conservation des ressources génétiques animales (02/03)

Les sources d’information ci-dessus peuvent être obtenues auprès de la Fondation, P.O. Box 3027, Brighton, Ontario
K0K 1H0.


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